MAXIME BAGNI (1997, Paris) est un plasticien franco-italien diplômé de l’École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Paris (2022 - secteur Art-Espace) avec les félicitations du jury (dirigé par Jean-Christophe Arcos).
Présentation du travail
”Diplômé de l’École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Paris, j’ai développé une approche pratique et théorique qui m’a conduit à concevoir l’installation comme un médium expérimental. Ma pratique s’est nourrie de l’influence de l’Art Conceptuel, de l’Arte Povera et de la littérature. Croisant ces influences avec l’observation sensible d’espaces qui m’interpellent : des ruines, des chantiers, ou des espaces publics, mon attention se porte sur des fragilités, qu’elles soient d’ordre matérielles, architecturales et sociale.
Nombre de mes expositions investissent des sites marqués par leur unicité, là où se produit de la présence d’une part, mais aussi de l’invisible : rivières, territoires frontaliers, chapelles, bâtiments sans fonctions présentes. Pour refléter la particularité de ces lieux, j’expérimente avec des procédés comme la fonte, les champs électriques et l’eau, la saponification, la brûlure, intégrant des états de transition, de détérioration et la simulation d’effondrements.
J’utilise des éléments ordinaires, des objets personnels ou anonymes trouvés ; des matériaux comme l’argile, les couvertures de survie et polaires, des matériaux de protection thermique. Ces éléments, bien que souvent associés à une forme de mutisme, isolants par nature ou couvrants, me touchent parce qu’ils parlent de la chaleur et de la survie, qui, pour moi, sont des principes vitaux de la sculpture. Par la capacité qu’ont les formes de protéger et de retenir une énergie, dans leur habitacle, à disposition, leur exposition tend à nous rapprocher. Ceci s’opère dans l’installation par l’effet simultané d’éléments profondément familiers et d’autres insolites, qui ne peuvent être catégorisés.
Mon travail se déploie à la croisée de la sculpture et de l’écriture poétique. Cette pratique de la poésie m’a permis de concevoir l’installation comme une métaphore impliquant des transformations continues de l’apparence et du sens. Par ce biais, je tente d’investir une dimension narrative de l’installation : derrière les objets et les constructions, se dresserait un narrateur. Je construis mes sculptures suivant la logique qui pousse ces narrateurs imaginaires à accumuler, organiser, et entrer dans un rapport pulsionnel : collectionner, falsifier, substituer, voler. J’invite le public à emprunter la logique de l’installation, en s’appropriant des détails entre le dissimulé et l’exposé. Réalisés à mon atelier de manière sérielle, à travers la taille, le trompe-l’œil, l’empreinte, et la construction, ces détails renvoient à l’idée de foule, de pluralité de témoignages qui s’organisent dans l’espace. Ces témoignages sont des rencontres avec des sites, des habitats, des hôtes. L'installation y dresse un portrait en creux, une place ouverte que le public est invité à habiter.“
Biographie sélective
2016 - 2022 - Étudie dans le secteur Art-Espace aux Arts Décoratifs de Paris.
2019 / 2020 - Travaille sur la mémoire des frontières. Ces installations mettent en scène des points de rupture. (Berlin, performance dans des bâtiments politiques de la guerre froide - Pankow, Berlin / Corée du Sud, zone démilitarisée, Exposition au Suncheon Bay Garden).
2021 - Édition du recueil de poèmes Les Nouvelles Pierres. Travaille sur les points de rencontre de rivières en Bretagne, allant à la rencontre des habitants pour l’exposition Wherever River, partout où la rivière change de nom dans l’enceinte monumentale d’une chapelle laïque (centre culturel Athéna, ministère de la Culture). En 2023, suite avec l’exposition d’une sculpture qui intègre des eaux internationales à l’Arsenal de Venise.
2022 - Explore les destructions d’habitats des projets immobiliers à Ivry-sur-Seine, collectant des formes qui évoluent entre ce qui est détruit, ce qui se construit, ce qui est enfoui. Ce récit devient le projet de DNSEP, «The Inhabitable Flesh of Architecture», continué au CAAC Chanot avec l’installation Their Broom (2).
2023 - Développe des installations avec des objets du refuge et de la protection : savon, couvertures polaires, couverture thermique, matériaux d’isolation. Expose à la biennale de Mulhouse, la Monnaie de Paris et résident huit mois à la Villa Dufraine (Île-de-France - Académie des Beaux-Arts).
2024 / 2025 - Résidence d’écriture de 5 mois (NARS - New York), amorce un projet d’écriture qui trouve sa forme finale dans l’installation immersive Faux Départ dans les soutterains de POUSH Aubervilliers. Ce projet met en scène des espaces intimes, évoquant le portrait imaginaire d’un faussaire, à travers traces et témoignages laissés dans les objets et le mobilier.
2026 / 2027 - Installation Night Work au Centre Wallonie Bruxelles. Pensionnaire de l’académie de France à Madrid - Casa de Velásquez (1 an). Reçoit le prix des experts Carré Sur Seine.